Nº 6 · Chaleur urbaine · Landsat 9 × registre de population

La canicule de juin 2026, vue de l’espace

Le 24 juin 2026 vers 10 h 30, en pleine canicule, le satellite Landsat 9 a mesuré la température au sol de la quasi-totalité du pays — l’ouest, complété le 1ᵉʳ juillet : jusqu’à 65,0 °C en surface. Cette page croise ces mesures, commune par commune, avec la population de 65 ans et plus — et montre où la chaleur et la vulnérabilité se cumulent.

Données : USGS/NASA Landsat · ACT · RNPP (CC0) Méthode : publiée et reproductible Auteur : Sitraka Forler · LinkedIn Construit : 28/07/2026

L’essentiel

  1. Le 24 juin, 39 % de la surface observée dépassait 40 °C ; le pixel le plus chaud atteignait 65,0 °C, sur une toiture industrielle à Bascharage.
  2. L’écart se joue autant à l’intérieur des communes qu’entre elles : 17,1 °C séparent le cœur bâti des zones fraîches à Esch-sur-Alzette.
  3. 348 144 habitants vivaient dans une commune dont plus de la moitié du sol dépassait 40 °C (50 % de la population du pays).
  4. 21 communes cumulent chaleur et âge au-dessus des médianes ; c’est là que le risque sanitaire se concentre.
65,0 °C
la surface la plus chaude mesurée au Luxembourg le 24 juin
39 %
de la surface observée le 24 juin au-dessus de 40 °C
13 °C
d’écart entre communes, le même jour, à la même heure
21 communes
cumulent chaleur et part de 65+ au-dessus des médianes du 24 juin
149 067 hab.
vivent dans ces 21 communes où le risque se cumule
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Ce que le satellite a vu

Chaque pixel couvre 100 m × 100 m. Le rouge sombre, ce sont les toits, les parkings et les zones d’activités ; le vert d’eau, les forêts et les vallées. La ville d’Esch et la couronne sud ressortent immédiatement — mais des poches de chaleur apparaissent aussi à Remich, Grevenmacher ou dans la zone aéroportuaire.

Carte de la température de surface du Luxembourg le 24 juin 2026, mesurée par Landsat 9 1ᵉʳ juillet · harmonisé +6,3 °C 24 juin · pic de la canicule

Température de surface

24 °C3848≥ 62 °C
À gauche du liseré pointillé : passage du 1ᵉʳ juillet (le 24 juin, le satellite ne survolait pas cet angle), affiché harmonisé de +6,3 °C — l’écart médian mesuré sur 4,2 millions de pixels de recouvrement. Les taches claires sont ses nuages, masqués. Aucun classement ne mélange les deux dates.
Il s’agit de la température du sol, pas de l’air : un sol à 50 °C coexiste avec un air nettement plus bas. C’est la chaleur que les surfaces emmagasinent puis restituent en partie la nuit.
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Le pays, degré par degré

Sur les 1 602 km² observés le 24 juin — soit 62 % du territoire, le nord-ouest n’ayant pas été survolé ce jour-là —, la surface se répartit entre un mode frais vers 34-36 °C (forêts, cultures, vallées) et une large épaule au-dessus de 40 °C (toits, voiries, zones d’activités) ; la médiane tombe entre les deux, à 38,7 °C. 39 % de cette surface observée dépassait 40 °C, 0,9 % dépassait 50 °C. Rapporté au pays entier, le chiffre serait plus bas : la partie manquante est la plus fraîche.

Répartition de la surface nationale par température, passage du 24 juin (grille 30 m, information native ~100 m). La ligne marque le seuil de 40 °C, la médiane est indiquée.

348 144 habitants vivaient dans une commune dont plus de la moitié du sol dépassait 40 °C — 63 % des communes observées ce jour-là, 50 % de la population du pays.

Lecture à l’échelle communale : la population d’une commune est rapportée à la part chaude de son territoire, sans localisation fine des habitants à l’intérieur. Base : les 72 communes observées le 24 juin, soit 550 817 habitants ; les 28 autres (143 090 habitants) n’ont pas été vues pendant le pic.

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Commune par commune

Le même jour, à la même heure, le 95ᵉ centile de température de surface va de 53,4 °C à Esch-sur-Alzette à 40,4 °C à Larochette : 13 °C d’écart, que reflètent la géographie, la densité bâtie et la végétation. Choisissez l’indicateur :

Communes de la bande ouest : mesurées lors du passage du 1ᵉʳ juillet (épisode retombé, −6,3 °C d’écart mesuré) — leurs valeurs thermiques ne sont pas comparables à celles du 24 juin et ne sont pas classées avec elles. Le tableau garde leurs valeurs brutes ; seules la carte et la choroplèthe affichent la version harmonisée. La part de 65+ (registre de population) ne dépend pas de la date. ° Communes du 24 juin dont plus d’un quart du territoire n’a été vu que le 1ᵉʳ juillet : couverture partielle, statistiques à lire avec prudence.

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Le contraste se joue à l’intérieur des communes

Une moyenne communale masque beaucoup : pour une politique d’adaptation, ce qui compte est l’écart entre le cœur bâti d’une commune et ses espaces frais. Cette amplitude thermique intra-communale — le 95ᵉ centile moins le 25ᵉ — atteint 17,1 °C à Esch-sur-Alzette : la commune abrite à la fois des îlots très chauds et des poches fraîches, donc des marges de manœuvre. Une amplitude faible ne signifie pas un territoire frais : Frisange n’affiche que 6,1 °C d’amplitude, mais 72,7 % de son sol dépassait 40 °C — chaud presque partout, et donc sans réserve fraîche proche.

Les 15 communes à la plus forte amplitude interne (24 juin). La barre va du 25ᵉ centile (zones fraîches) au 95ᵉ centile (cœur bâti) de chaque commune. Ce n’est pas un indice d’îlot de chaleur urbain au sens strict : il n’y a pas de référence rurale, et le résultat dépend du découpage communal.

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Là où la chaleur rencontre la vulnérabilité

Une commune chaude et jeune n’a pas le même problème qu’une commune chaude et âgée. Le quadrant en haut à droite — plus chaud et plus âgé que la médiane des 72 communes observées le 24 juin — concentre le risque sanitaire : on y trouve Mondorf-les-Bains, Remich ou Niederanven, où plus d’un habitant sur cinq a 65 ans ou plus. La taille des cercles indique le nombre de résidents de 65 ans et plus.

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Par canton, là où le satellite est passé

Agrégés par canton — et uniquement sur les communes vues le 24 juin —, les écarts se resserrent : de 49,8 °C dans le canton de Esch-sur-Alzette à 41,6 °C dans celui de Vianden. Quatre cantons du nord-ouest sont trop peu couverts ce jour-là pour être comparés : leur absence interdit précisément de conclure à un « gradient nord-sud », puisque la partie la plus fraîche du pays n’a pas été observée pendant le pic.

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Trouvez votre commune

Tapez le nom d’une commune pour voir sa fiche : chaleur de surface, contraste interne, part de population âgée, et sa position dans le classement du 24 juin.

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Ce que cette carte montre — et ne montre pas

Ce qu’elle montre

  • La température de surface réellement mesurée (bande thermique Landsat 9, 100 m), un matin de canicule, sans modèle ni interpolation.
  • Les écarts entre communes et entre quartiers d’une même commune : zones d’activités, centres denses, forêts, vallées.
  • Le croisement avec la pyramide des âges réelle de chaque commune (registre national des personnes physiques, 1ᵉʳ juillet 2026).

Ce qu’elle ne montre pas

  • La température de l’air ressentie par les habitants — le sol à 50 °C correspond à un air nettement plus « frais », la chaleur emmagasinée étant en partie restituée la nuit.
  • Le détail à l’échelle de la rue : 100 m distinguent les quartiers, pas les rues. Pour cela, le pays dispose déjà d’une Klimaanalyse nationale à 25 m (modèle 2018, gratuite) et les communes du Sud d’une analyse à 5 m — cette page les complète avec de l'observé 2026, elle ne les remplace pas.
  • Des unités comparables : le 95ᵉ centile d’une petite commune dense reflète son cœur bâti ; celui d’une grande commune boisée dilue ses poches de chaleur dans les forêts — le découpage communal n’est pas neutre.
  • Une prévision : c’est une photographie d’un épisode réel, pas un scénario.
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Pendant ce temps, de Bordeaux au Luxembourg : l’été des feux

La chaleur cartographiée ici n’est pas un phénomène isolé. Au moment d’arrêter ces lignes (28 juillet 2026), un incendie parti de Saumos, à l’ouest de Bordeaux, le 22 juillet avait parcouru environ 42 000 hectares selon la préfecture de la Gironde ; plus de 220 000 personnes avaient été évacuées dans 24 communes, la presqu’île du Cap Ferret en partie par la mer. Le feu était « stabilisé », pas encore fixé. À lui seul, il fait le double des feux girondins historiques de juillet 2022 (La Teste-de-Buch et Landiras, environ 21 000 ha cumulés).

Trois repères, tirés des bilans officiels et des données ouvertes, tous datés :

Chiffres arrêtés au 28 juillet 2026 ; un feu actif se périme en quelques heures. Les cumuls EFFIS sont des estimations satellitaires rapides (feux d’environ 30 ha et plus), révisées en continu, qui diffèrent des bilans nationaux. Et un rappel : la température de surface cartographiée ici mesure l’exposition à la chaleur, pas directement le risque d’incendie.

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Pour les communes

La mesure 1.1.3 du Pacte Climat 2.0 demande à chaque commune une analyse du stress thermique croisée avec sa population vulnérable — exactement ce que cette page esquisse à l’échelle nationale. Un concept d’adaptation complet est subventionnable jusqu’à 25 000 € (circulaire FCE 2025-050).

Votre commune, en détail

Je prépare des dossiers communaux qui croisent cette observation satellite avec les couches publiques existantes (Klimaanalyse 25 m, canopée LiDAR, imperméabilisation, population vulnérable) dans le format attendu par la mesure 1.1.3. Conseiller climat, échevin ou service technique : écrivez-moi, la première analyse d’écart est offerte.

Demander le dossier de ma commune

Sitraka Forler, analyse indépendante, Luxembourg.

Citer cette analyse

Le 24 juin 2026, Landsat 9 a mesuré jusqu’à 65,0 °C de température de surface au Luxembourg (pixel le plus chaud) ; 21 communes, totalisant 149 067 habitants, cumulaient une chaleur et une part de 65 ans et plus supérieures aux médianes des 72 communes observées ce jour-là. — S. Forler, « La canicule de juin 2026, vue de l’espace », canicule.sitraka.lu, données USGS/ACT/RNPP (CC0).
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Méthode & sources